27 octobre, 2005

2. Les premiers pas (1960-1970)

2.1. Spacewar : premier jeu vidéo ?

1962, aux Etats-Unis, Steve Russel est étudiant au MIT (Massachusetts Institute of Technology). Il a terminé ses études d’ingénieur et avec quelques amis, il veut montrer à ses collègues les capacités du nouvel ordinateur qui venait d’être installé : le PDP-1. Cet ordinateur est révolutionnaire grâce à son faible encombrement, son écran vectoriel et ses performances (comparé aux énormes machines de l'époque qui travaillent avec des cartes perforées).


Comme une démonstration visuelle est bien plus efficace qu’un long discours, Steve Russel programme Spacewar . Le but du jeu était de diriger un vaisseau spatial muni d’un nombre limité de torpilles et de détruire le second vaisseau qui se trouvait à l’écran. Spacewar fut le premier jeu conçu comme un programme tournant sur ordinateur. Jusque là, Nimrod , le « jeu de morpions » (d’A.S. Douglas) et Tennis for two avaient été développés sur des circuits intégrés. Bien que fausse, l’affirmation selon laquelle Spacewar est le premier jeu de l’histoire vidéoludique n’est pas sans fondement. En plus de l’argument technique précité, de nombreux auteurs soutiennent que Spacewar a, en outre, directement influencé un grand nombre de pionniers du jeu vidéo dont Nolan Bushnell, le fondateur d’Atari et Joel Billings, le fondateur de SSI.

Si le titre de « premier jeu vidéo mondial » lui revient dans de nombreux ouvrages et articles, on ne peut donc pas entièrement considérer cette affirmation comme illégitime (bien qu’erronée). Enfin, Russell et son équipe décidèrent que Spacewar serait gratuit. Ils distribuèrent donc le code source du jeu afin que chacun puisse y apporter des changements. Mais comme peu de gens avaient accès à un ordinateur (nous ne sommes encore qu’au début des années 60 !), Spacewar resta confiné dans le milieu de la recherche scientifique universitaire. Les jeux vidéo étaient donc prêts à se répandre dans le monde. Mais il faudra encore attendre dix ans avant que l’informatique ne se démocratise et ne se popularise réellement.

2.2. Les premiers jeux

Malgré cela, Spacewar avait donné l’impulsion. Au cours des années qui suivirent l’apparition de ce jeu, trois autres jeux furent développés en BASIC sur des ordinateurs de type « PDP » plus évolués. Toujours dans le thème spatial (nous sommes alors en pleine « course spatiale » USA/URSS vers la lune), Lunar Lander était un simulateur basé sur une interface textuelle. Le joueur pouvait, via des ordres qu’il tapait sur son clavier, accélérer ou ralentir le module spatial qui descendait inexorablement vers la surface de la lune. Hammurabi Kingdom et Hunt the Wumpus furent les deux autres jeux qui marquèrent cette période. Le premier simulait un processus économique dans un royaume virtuel de Mésopotamie. Il était en quelque sorte l’ancêtre de Sim City. Hunt the Wumpus était quant à lui un ancêtre des jeux d’aventure médiévaux-fantastiques de « Donjons et Dragons ».

2.3. La patience de Ralph Baer

Quinze ans après s’être vu refuser la concrétisation de son projet de poste de télévision « ludique »
, Ralph Baer est à présent directeur des ventes chez Sanders Associates, une compagnie de matériel électronique militaire. En 1966, il décide de remettre son vieux projet en route et cette fois-ci, il est accepté ! Sanders Associates procure deux ingénieurs à Ralph Baer : Bill Harisson et Bill Rusch. Une fois la « Brown box » mise au point, Baer sera confronté à une autre difficulté : Sanders Associates est lié par un contrat au Ministère de la Défense Américaine et ne peut produire et distribuer son produit sur le marché civil. Dès lors, Ralph Baer est obligé de faire du « porte-à-porte » et de convaincre les fabricants de télévisions américains.

D’un côté, ces derniers s’enthousiasment pour son produit mais de l’autre, ils craignent que les jeux vidéo soient nocifs pour leurs postes de télévision. Ralph Baer finira par trouver une entreprise intéressée : la RCA. Malheureusement, les négociations sur les termes du contrat échouent. Finalement, c’est sous l’enseigne de Magnavox, que la « Brown box » de Baer fut commercialisée. Rebaptisée Odyssey, la console de Baer ne sera lancée sur le marché américain que 6 ans plus tard.

1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Blog très interessant, avec une présentation un peu trop sombre cependant.
Concernant Ralph Baer, on peut trouver une interview de ce grand monsieur dans le premier numéro de Retro Game.

3:40 PM  

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